Obligation d’information ? Et l’humain ?

Souvent je me remémore les paroles d’une patiente… Elle est revenue avec son jeune fils de 8 ans avec les résultats de l’échographie cardiaque que je lui avais prescrite. Le souffle paraissait « fonctionnel », bénin, mais ayant un petit doute j’avais préféré lui demander cet examen. J’avais, semble t il, pris le temps d’expliquer mes motivations à la maman, et la rassurer sur les faibles probabilités d’une pathologie « organique »…

Mais cette pauvre maman a vécu l’attente de cet examen dans la tourmente et l’angoisse… et m’a clairement dit que mes paroles n’avaient pas été suffisamment rassurantes et ma prescription terriblement anxiogène.

Depuis, son fils, que j’examine annuellement, est toujours en pleine forme, et sa maman m’a pardonné.

Mais j’essaye de ne jamais oublier son message. Malgré l’obligation d’information, le patient (ou sa famille) n’entend pas toujours ce qu’on lui dit, ou le message du médecin n’est pas toujours adapté… comme ici.

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7 réflexions au sujet de « Obligation d’information ? Et l’humain ? »

  1. Ping : Obligation d'information ? Et l'humain ? | E-pa...

  2. L’inverse existe : parfois on tente de rassurer, alors qu’on a peur et qu’on sent que c’est grave. Et on les rassure tellement bien qu’ils attendent, et attendent tellement que ça finit par devenir plus grave que si tout avait été pris en charge plus tôt…
    Difficile de trouver le juste milieu.

  3. Ping : Obligation d'information ? Et l'humain ? | Fati...

  4. Entre votre billet et le commentaire de Fluorette : pas facile pour vous de faire le choix entre  » être alarmiste » ou « être rassurant » car selon la personne qui est face à vous : la réaction, la compréhension du message lui sera personnel et ne sera peut-être pas conforme à votre message initial. Alors entre les 2 : peut-être faut-il mieux être alarmiste avec une fin heureuse que rassurant avec une mauvaise surprise finale ( cela n’est que mon avis perso !)

  5. oui pas facil du tout, c’est vrai que l’équilibre est difficile à avoir, et que les patients interprètent chacun à leur façon notre discours, ils sont peu être aussi davantage anxieux lorsqu’il s’agit d’un enfant à juste titre.

  6. Discussion fort intéressante surtout quant aux questionnements auxquels le médecin a à faire face. Sa perspicacité est de la plus grande importance et sa connaissance de son patient est là fondamentale. LC

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