A ces patients qui nous quittent…

6, 7 mois sans écrire… peut être plus… Pourquoi m’étais je mis à bloguer ? Pour quelle raison ai-je suspendu la plume électronique…

Ecrire me permet de me poser, de prendre du recul sur le quotidien du médecin, de faire le tri entre le futile et l’important, de me recentrer sur la motivation initiale, l’essence de mon métier, le moteur de ma vocation : le patient, l’écoute, l’accompagnement, l’empathie… et écarter les parasites que sont les appels téléphoniques frénétiques, les innombrables lignes de courriels à lire et traiter, les demandes irrespectueuses, les choix politiques décevants, la relative déconsidération, l’impatience sur les délais, les demandes inacceptables … Ecrire me permet aussi de tenter de faire mon autocritique, de faire l’effort d’observer sous un autre angle ma façon de travailler et d’écouter, d’apprécier mes erreurs,  mais aussi de souligner la richesse que nous apportent les patients, MES patients…

En relisant en diagonale les billets de ces dernières années, le patient me semble être  le fil d’ariane de mes errances de blogueur, il est l’acteur incontournable de mon quotidien professionnel, le patient fait mes joies et mes peines de praticien, et ça me convient…

Pourquoi cette pause… le dernier billet avait été centré sur la terrible disparition par autolyse d’un jeune patient… un tsunami pour cette famille que je connaissais bien, un bouleversement pour le toubib qui le soignait depuis sa naissance, et qui l’avait vu quelques jours avant. Il y a des événements qui marquent la vie d’un toubib, la souffrance des parents face à ce cauchemar, indéniablement, m’a profondément marqué… https://toubib92.wordpress.com/2014/11/26/tu-nous-manqueras/

Il y a quelques jours mon « vieux patient » sage et résigné, a été vaincu par un crabe d’origine prostatique, une fin de vie douloureuse pour lui et sa famille. Il est parti rejoindre André, son pote. https://toubib92.wordpress.com/2014/08/07/andre-mon-pote/

Ce soir j’apprends la disparition ce matin de ma courageuse patiente qui s’était accrochée à la vie, grâce au bonheur que lui avait offert son fils en la rendant grand-mère.https://toubib92.wordpress.com/2014/10/21/deux-pap

19/20 ans  que je suis installé. Ces patients font partie de ma vie depuis 20 ans. Certes de ma vie professionnelle, mais qu’on le veuille ou non, l’investissement affectif existe, je connais les familles, les conjoints, les enfants, et je mesure leur tristesse, leur souffrance, et cela ne peut me laisser indifférent. En tant qu’interne j’ai été souvent confronté à la mort, mais la disparition d’un patient que l’on connait depuis longtemps ne peut laisser de marbre.

Alors demain tandis que j’entendrai le gazouillis joyeux du nourrisson me montrant sa première quenotte sur ma vieille table d’examen, qu’ après demain je découvrirai le sourire reconnaissant de l’ancien qui s’est senti compris, ou dans quinze jours le remerciement de cet aidant un peu moins isolé, je me nourrirai de ces multiples récompenses que m’offrent ce merveilleux métier, mais ce soir  c’est vers les familles qui ont perdu un des leurs que mes pensées se tournent.

route

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4 réflexions au sujet de « A ces patients qui nous quittent… »

  1. Tu fais le plus beau métier du monde! Mais il est parfois trés difficile d’accompagner la detresse des patients que tu connais depuis près de 20 ans. Heureusement il doit t’apporter des joies…
    Tu fais ce métier avec tout ton coeur !!! Et c’est important.

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