Se poser, faire une pause.

echec

Le cavalier ainsi placé mettait à mal mes plans. Je n’avais pas prévu ce coup, et  devais remettre à plat ma stratégie, repenser la logique, voir comme contrecarrer cette action que je n’avais pas anticipée. La « meilleure défense c’est l’attaque ! » avais-je appris.  Tout en plongeant dans une intense réflexion, mon regard se posa quelques instants sur mon respectable adversaire. Un sourire de satisfaction illuminait le visage de mon grand-père, mon professeur, mon compagnon dans ce jeu depuis plus d’une décade,  car dans cette partie d’échec il prenait une nouvelle fois et naturellement l’ascendant.

Tout au long de mon enfance, ces parties avec mon aïeul, sur le vieil échiquier en bois que le temps avait patiné,  furent des pauses précieuses, exquises, où se mêlaient joute, et affection réciproque, réflexion et tendresse virile.

Dans notre monde trop rapide, de sollicitations quasi permanentes, il est bon de faire une pause, et même si  l’intellect continue à fonctionner, il est important de poser son regard sur les êtres qui nous sont chers, pour s’y  ressourcer, ou de se remémorer les moments précieux de notre enfance, où l’affection d’un grand-père a construit un homme.