Carte vitale et tiers payant

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Il y a trois semaines je revoyais mon patient assigné à résidence depuis 2 ans, suite au déclin irréversible de son état de santé. Diabète, âge, coronarien, dénutrition et surtout sonde à demeure. Les suites catastrophiques d’une curiethérapie pour un cancer de la prostate… (un désastre , conséquences probables d’un sur-diagnostic, la sténose urétrale provoquée ou aggravée par cette irradiation locale a provoqué un inconfort urinaire majeure, des souffrances importantes, puis se sont greffés de redoutables blocages de vessie, aboutissant finalement à la pose d’une sonde à demeure définitive, la zone irradiée n’étant plus opérable).

Bref, ce patient je le vois régulièrement, et nous avons convenu que son fils me paierait les visites en décalé… mais depuis 2 ans j’ai  du être réglé une fois sur trois. Aussi il y a peu, je croise son auxiliaire de vie qui me sollicite régulièrement pour des bons de transports en ambulance (vers l’urologue, celui qui l’a « sauvé d’un cancer »…), des ordonnances de compléments, de changement de sonde, de soins infirmiers, de kiné,  d’ECBU, d’antibiotiques de dépannage, de collyre. Ainsi, je lui demande  de me confier la carte vitale de notre patient afin de noter la dernière visite en tiers payant. La sécu reçoit une feuille de soin électronique, et elle me règle la visite, et son fils m’oublie un peu plus…

Elle repasse le lendemain récupérer la carte vitale et me tend le résultat du dernier Examen Cyto Bactério Urinaire. Le diagnostic n’est pas compliqué, mon patient n’est pas fiévreux mais les urines sont infectées, j’enchaîne sans délai sur la rédaction d’un prescription d’antibiotique adaptée.

L’auxiliaire me retend la carte vitale, pour  » noter la consultation en tiers payant » et elle rajoute empathique   » on vous sollicite tellement  pour ce monsieur « 

Je ne suis pas le chevalier blanc de la médecine, loin de là, je pêche souvent dans mon métier, par manque d’écoute, manque de temps, etc… mais j’ai refusé.

 Et je me demande, que font mes consœurs, confrères dans pareilles circonstances ?

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