« Maman, je ne veux pas faire le vaccin ! »

vaccin

Petit bonhomme, du haut de tes 6 ans et des brouettes, tu n’en mènes par large. Le rappel de vaccin tu dois aujourd’hui recevoir, et depuis ce matin tu attends notre rencontre avec appréhension.

Tes parents t’ont manifestement briefé et tu essayes de montrer que « tu es un grand ».

De mon côté j’essaye de te mettre à l’aise, on se connait depuis… 6 ans et des brouettes … mais je vois bien que tu me crains ce jour plus que d’habitude. Lorsque je passe mon stétho sur ton petit thorax, ton petit cœur cogne fort, plus vite que la dernière dois… puis malgré mes paroles, nos échanges sur des sujets légers, tu ne rates pas un seul de mes gestes. Tu ne verras pas l’aiguille maudite, mais tu devines entre mes doigts doctes, la seringue au contenant que l’on t’a dit être protecteur, et de vilaines maladies tu seras exempté…

Je ne fais pas durer le suspens, après avoir rapidement vérifié l’absence de contre indication notamment infectieuse, me voilà près de ton bras, et te demande de le détendre, le ramollir au maximum. Tu fais un geste d’évitement et ta maman te tance alors, et tu t’immobilises vaincu… tu réagis à peine quand le biseau traverse ton jeune derme, et tu fermes les yeux lorsque le produit diffuse dans ton bras…

Ce geste il est léger, banal,  techniquement simple pour moi, beaucoup moins invasif qu’une pose de perf, qu’une ponction lombaire, une suture, mais pour toi petit père qui n’a pas vraiment encore l’âge de raison, mais dont la cervelle est suffisamment développer pour laisser toutes sortes de craintes s’installer et faire tempête sous un crâne vierge, qui a oublié les injections faites nourrisson, tu paniques.

Lorsque je retire l’aiguille et te félicite pour ton courage, tu me souris nerveusement et tu essuies rapidement les quelques larmes qui ont remplis tes beaux yeux de bambins effrayés.

Tout est relatif, il y a des choses certes plus grave, plus sérieuse dans la vie, mais pour un petit de 6 ans l’inconnu est parfois insurmontable. Le toubib qui est souvent témoin et acteur de situations humaines dramatiques doit faire l’effort de s’adapter devant cette heureuse et éphémère innocence.

 

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Une dangereuse vidange ?

« Je suis percluse de douleur, brisée, épuisée. Docteur j’ai cru mourir. Seule dans cet appartement, j’avais beau cogné contre le mur avec le poing, je crois que personne ne m’entendait…la gardienne a une clé mais … Non, mon collier de télé-alarme était inaccessible…

Comment est ce arrivé ? Oh, c’est très simple. Vous savez que j’adore les bains. Cela me détend. Vous me connaissez, je suis nerveuse. Et puis avec mon arthrose, cette eau tiède me décontracte les muscles. Je suis moins douloureuse. Et puis moi qui suis « rondelette », je m’y sens plus légère…J’ai donc fait couler un bon bain chaud, et je m’y suis installée. Prudemment, en utilisant la poignée fixée au mur, je me suis allongée sur le dos.

Au bout d’une petite demi-heure, je ne sais pas ce que j’ai bidouillé, mais j’ai retiré le bouchon de la baignoire, alors que j’étais encore étendue dans l’eau. Oui, avec mon pied, le gros orteil avait accroché la chainette du bouchon, et en élevant ma jambe, zoup, celui-ci s’est soulevé. L’eau savonneuse est doucement partie. Je n’ai pas bougé, je suis restée étendue dans le fond, un peu endormie par la chaleur. Une fois l’eau complètement vidangée, commençant à trouver qu’il commençait à faire frisquet, j’ai voulu me relever. Et là, l’horreur : impossible de bouger. J’étais VENT-OU-SEE !!! Je ne sais pas comment cela a pu se faire mais mon dos était collé contre le fond du bassin, il m’était physiquement impossible de me mouvoir. J’avais beau me débattre, tenter de tirer sur le bord, pousser avec mes jambes, contorsionner le buste, rien n’y faisait. Comme si de la colle ultra forte avait été versée. Un cauchemar. Une heure et demi !!! J’ai crié, cogné contre le mur, contre le robinet, rien, seule. Une horreur. Mourir ainsi, mon Dieu ! »

degasbain