Pourvu qu’en la Médecine Générale encore tu crois

Par Bacchus, si le verre à moitié vide, toujours tu vois,

Alors, La médecine omnipraticienne que tu pratiques te déçoit.

Ridiculisé par l’obligation de la mention manuscrite « non substituable »

Dévalorisé dans tes actes par une tarification déraisonnable,

Investir dans un secrétariat, l’idée tu abandonnes,

Et dans l’administratif un peu plus encore tu te donnes.

Ton « burn-out », est ce que à temps tu te le dépisteras ?

Tandis qu’inexorablement de ta famille tu t’éloignes malgré toi.

Les scandales Pilules 3G, Médiator et Cholestérol t’éclaboussent.

PSA ? Les dépistages biaisés de ta rigueur scientifique te détroussent.

La sécu t’étrangle, le mètre carré délire, le désert médical avance,

Les patients sont plus miséreux, tes confrères en partance.

Chaque jour plus submergé par les demandes, isolé dans ton travail,

Les lapins s’accumulent, et certains spécialistes dédaigneux te raillent.

Corvéable à merci ? Avec les certificats d’aptitude sans nul doute,

Mais devant un patient souffrant, ne fais jamais fausse route,

Car au plus bas de l’énergie, du moral que tu sois,

Traiter sa souffrance, ta priorité toujours restera.

Mais difficile d’éviter la syntonie, lorsqu’on est empathique,

Et cette famille en détresse, ce patient en état critique,

Ses maux résonnent sans fin dans ta conscience,

Martèlent ton esprit, ébranlent ta confiance.

Un sacerdoce, sans doute, mais à quel prix ?

Si en sus de ta famille,  ta santé immanquablement tu sacrifies.

L’équilibre un jour tu trouveras ? Je te le souhaite,

Tel le Graal, indéniablement, c’est une longue quête.

Entre ta famille et tes patients, un hobby, une passion,

Tu répartiras les contraintes et les joies, la solution ?

Pourvu qu’en la Médecine Générale encore tu crois,

Et que par Bacchus, le verre à moitié plein, un jour tu vois.